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Chômage : un risque sérieux pour la santé

Il y a trois ans, une étude publiée en 2015 révélait des statistiques pour le moins terrifiantes. En effet, on apprenait que le chômage tue environ 14 000 Français par an, soit quatre fois plus que les accidents de la route. La semaine dernière, l’association Solidarité Nouvelles Face au Chômage (SNC) a elle aussi publié les rapports de son étude sur l’impact du chômage sur la santé, et les résultats sont tout aussi inquiétants.

La santé, autant physique que mentale, des demandeurs d’emploi semble être particulièrement fragilisée. On compte un risque 80% plus élevé d’infarctus et d’accident vasculaire cérébrale pour les chômeurs, qui sont aussi plus susceptibles de développer un cancer. « La dégradation de la santé est liée à la durée du chômage, cause d’une usure psychologique, mis aussi d’une usure physiologique » expliquent les experts.

Ces chiffres peuvent s’expliquer notamment par une consommation plus élevée d’alcool et de stupéfiants, mais aussi par une mauvaise hygiène de vie qui accompagne parfois la précarité. Les difficultés financières obligent certains à renoncer à des soins médicaux (les soins dentaires sont en tête de liste), et à se tourner vers une alimentation moins saine. Sans un revenu stable, il est aussi plus difficile de conserver son abonnement à la salle de sport… C’est entre autres pourquoi cette tranche de la population est particulièrement touchée par l’obésité.

Tout cela vient contribuer au mal-être que ressentent les chômeurs, qui souffrent parfois d’un sentiment de culpabilité de ne pas avoir un travail. Stress, dépression, anxiété, mauvaise qualité de sommeil… L’étude réalisée en 2015 avait même ouvert le dialogue sur la question du suicide : la crise économique entre 2008 et 2010 avait ainsi provoquée 600 suicides.

Ces risques sérieux sur les demandeurs d’emploi sont encore largement sous-estimés et assez peu pris au sérieux. En 10 ans, seulement trois études ont été menées en France sur le sujet.

Madeleine Cord, psychologue, explique : « Ces chiffres dévoilent la surmortalité des chômeurs et font comprendre que le chômage est un véritable fait social. Concrètement, la santé mentale et physique des personnes sans emploi a un véritable coût pour la société. Au fil du temps, la plupart d’entre eux vont de moins en moins bien et la souffrance s’installe. »

La SNC se bat pour mettre en place des dispositifs, à la fois pour vaincre ce fléau, mais aussi pour que le sujet ne soit plus tabou. En attendant, WOM propose une autre solution : venez jeter un œil à nos annonces (on poste régulièrement sur LinkedIn, Facebook, Twitter et Instagram) et n’hésitez pas à nous envoyer votre CV !

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