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Comment développer son intelligence émotionnelle ?

Nous avions déjà abordé le thème de l’intelligence émotionnelle il y a quelques mois (ici) et son importance en recrutement. En effet, l’intelligence émotionnelle est devenue une compétence comportementale très recherchée par les entreprises, puisqu’elle permet aux individus de créer plus facilement des liens avec autrui, un talent non négligeable dans certains secteurs d’activité, comme la vente par exemple.

Pour rappel, l’intelligence émotionnelle est la capacité à comprendre et à gérer ses émotions. Dans le même temps, elle permet aussi de mieux comprendre celles des autres. On parle également « d’intelligence sociale » (IS) ; la neuroscience a prouvé que le cerveau humain est programmé pour se connecter avec les autres. Cette forme d’intelligence est nécessaire à la création de relation saine et productive.

Elle a été théorisée en 1995 par le psychologue américain Daniel Goleman, qui l’articule autour de cinq grands axes et vingt-cinq compétences :

Le premier axe est la conscience de soi, qui s’accompagne de la capacité à reconnaître ses émotions. Le deuxième axe est la maîtrise de soi, qui se définit autour de la fiabilité, l’intégrité et l’ouverture au changement. Le troisième axe est la motivation interne, qui s’accompagne de l’envie d’accomplissement et de l’optimisme face à l’échec. Le quatrième axe est l’empathie et le cinquième et dernier axe se réfère aux aptitudes sociales, c’est-à-dire au leadership, à la négociation, à la communication, etc.

Contrairement à ce que l’on peut penser, le QI (quotient intellectuel) n’est pas nécessairement l’élément-clé capable de mener un individu au succès. Selon une étude menée par le Dr Travis Bradberry, auteur du bestseller Emotional Intelligence 2.0, les personnes ayant un QI moyen seraient plus performantes que les personnes ayant un QI élevé. Après des recherches un peu plus poussées, on s’est aperçu que les personnes les plus performantes étaient en fait celles dotées d’une forte intelligence émotionnelle.

Cette théorie se confirme dans le monde de l’entreprise où l’on peut observer que l’intelligence émotionnelle apporte un certain nombre d’aptitudes :

– La capacité à rester optimiste ;
– La capacité à s’affirmer et à se mettre des limites ;
– Le désir d’apprendre ;
– La capacité à être autonome et indépendant ;
– La capacité à dépenser son énergie intelligemment.

En parallèle, l’intelligence émotionnelle permet également de mieux gérer le stress et les périodes de rush intenses, ainsi diminuant les risques de burn-out et les conflits

Indéniablement, c’est une soft-skill que l’on gagnerait tous à développer. Mais comment ? Voici 5 conseils qui vous permettront de développer votre intelligence émotionnelle et ainsi évoluer dans votre carrière.

1. Apprendre à mettre des mots sur ses émotions

L’erreur c’est de se dire « je vais mal », sans s’interroger davantage. Ce sentiment est-il plutôt de la colère, de l’anxiété, de l’inquiétude, de la mélancolie… ? Certes, il existe quatre émotions principales (joie, tristesse, peur et colère) mais elles comportent des subtilités et se manifestent sous plusieurs formes.

C’est en se demandant régulièrement ce que l’on ressent exactement et en utilisant des mots précis, que l’on peut efficacement développer une conscience aiguë de soi, le pilier de l’intelligence émotionnelle.

2. Observer ses comportements en lien avec ses émotions

Maintenant que vous savez ce que vous ressentez, il est question d’observer comment vos émotions influent sur votre comportement. Comment réagissez-vous selon les situations et les individus ? Cet exercice d’observation vous permettra de mieux anticiper vos réactions et de mieux comprendre la manière dont vous gérez vos émotions. À l’avenir, cela vous aidera à prendre du recul et à adopter des réactions plus positives face à des situations compliquées

3. S’entrainer à rester positif

En moyenne, nous avons plus de 60 0000 pensées par jour. 95% d’entre elles sont identiques à celles de la veille et 80% sont des pensées négatives. Malheureusement, elles ont le pouvoir d’influencer nos émotions et de dicter le cours de notre journée. Donc si vous vous dîtes : « Oh là là, quelle situation horrible ! » vous aurez plus de chance d’augmenter votre stress et de vous sentir mal, que si vous choisissez plutôt de vous dire « Tout ira bien, je maîtrise la situation ! »

Il faut donc rééduquer votre cerveau à être positif automatiquement.

4. Exprimer ses émotions

Verbaliser nos émotions nous aide également à mieux les comprendre et à identifier leurs sources. C’est une façon d’arriver à les contrôler et à ne plus les subir. Être capable d’exprimer ses émotions à autrui est une compétence très importante, et elle demande du courage. Mais cela permet aussi de montrer l’exemple, et pourrait inciter les autres à faire de même, créant ainsi un environnement positif de communication ouverte.

Cet exercice permet d’ailleurs de perfectionner ses capacités de communication : on apprend à choisir les bons mots, le bon ton… C’est d’autant plus utile lorsque l’on a besoin d’exprimer quelque chose de négatif.

Il est important de noter que c’est grâce à l’intelligence émotionnelle qu’il est plus facile d’apprendre à dire non et à poser des limites aux autres. Souvent, on a peur de dire non, car on ne sait pas comment la personne va réagir et on craint les émotions que le refus va provoquer. L’intelligence émotionnelle permet de maîtriser cette peur et de comprendre les émotions de l’autre face à notre réponse.

5. Écouter pour comprendre et non pour répondre

Un des piliers de l’intelligence émotionnelle est, vous l’aurez compris, l’empathie, c’est-à-dire la capacité de se mettre à la place de l’autre et de chercher à le comprendre. Pour cela, il faut donc développer ses compétences d’écoute. Il est donc question d’utiliser des termes tels que « Je comprends… » ou « J’entends ce que tu me dis… » et de reformuler le message de l’autre pour être sûr d’avoir bien compris. Il n’y a que par la compréhension que le dialogue et les relations peuvent être positives et productives.

Pour conclure, on peut dire que l’intelligence émotionnelle est une compétence très utile, autant dans le monde du travail que dans la vie de tous les jours. C’est une soft-skill particulièrement recherché, notamment sur les postes de management et de commercial. C’est donc une compétence intéressante à développer pour ceux qui veulent évoluer dans leur carrière. Attention, cependant, c’est un travail du quotidien, qui peut prendre beaucoup de temps et qui demande une implication totale.

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