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Candidature spontanée : bonne ou mauvaise idée ?

Sur un marché du travail de plus en plus tendu, certains s’essayent à des stratégies différentes de recherche d’emploi et misent sur la candidature spontanée. Souvent perçue comme une méthode aussi efficace qu’une bouteille jetée à la mer, la candidature spontanée n’a pas très bonne réputation et beaucoup considère qu’elle ne vaut pas les efforts et le temps investi.

Pourtant, elle présente de nombreux avantages. Pour commencer, envoyer une candidature spontanée permet de ne pas se retrouver noyé parmi une centaine d’autres CV qui postulent tous à la même offre et augmente ainsi les chances de se démarquer auprès du recruteur.

D’ailleurs, les enjeux de cette candidature permettent une certaine liberté : le candidat peut prendre des risques pour illustrer sa créativité et sa personnalité. Il peut se permettre certaines choses qu’il n’oserait peut-être pas dans d’autres circonstances, car il ne sait pas s’il y a réellement un emploi à la clé ou non.

Pour l’entreprise, une candidature spontanée, si elle est bien faite, peut d’ailleurs avoir plus de valeur. Elle démontre tout de suite la motivation et l’intérêt du candidat, qui fait immédiatement une bonne première impression par cette prise d’initiative !

Cependant, cette stratégie n’est pas infaillible. Le premier étant que la candidature spontanée demande beaucoup plus de préparation et de travail que la candidature classique. Pour pouvoir réellement se démarquer et impressionner l’entreprise qu’on vise, il faut d’abord récolter beaucoup d’informations sur cette dernière et prouver qu’on a bien compris ses valeurs, ses enjeux et ses problématiques. Sans projet concret de recrutement, les entreprises ne perdront pas de temps sur des candidatures bâclées.

Aussi, il ne faut pas négliger la place du facteur chance dans la candidature spontanée. Pour avoir une chance d’être rappelé, il faut l’envoyer au bon moment à la bonne personne et il faut que l’entreprise ait le bon projet pour votre profil, également. Bref, toutes les étoiles doivent s’aligner correctement. C’est pourquoi beaucoup considèrent encore la candidature spontanée comme une perte de temps.

Mais c’est loin d’être le cas ! Les chances d’être rappelé tout de suite sont certes plus faibles que dans le cas d’une candidature classique, mais cela ne veut pas dire que vos efforts n’auront servi à rien. Une enquête nous apprend d’ailleurs que 75% des recruteurs intègrent les candidatures spontanées à leur base de données pour les recontacter dès qu’un poste adéquat s’ouvre. De plus, il existe un marché caché important et toutes les annonces ne sont pas forcément visibles. Il arrive que des entreprises cherchent mais misent d’abord sur la cooptation avant de rendre l’offre publique.

Maintenant que l’on sait que la candidature spontanée est loin d’être inefficace, voilà quelques conseils pour mettre toutes les chances de votre côté :

Bien cibler l’entreprise

L’idéal reste quand même de limiter l’envoi des candidatures spontanées, pour éviter de perdre trop de temps et d’énergie, et de ne se focaliser que sur quelques entreprises qui vous tiennent vraiment à coeur, des entreprises où vous rêvez de travailler. Pour augmenter davantage vos chances, réservez ce type de candidature à des petites et moyennes entreprises qui apportent une grande importance au partage des valeurs au sein de leurs équipes.

Lier son profil à un besoin de l’entreprise

D’où l’intérêt de bien se renseigner sur l’entreprise en amont : il faut prouver que votre profil peut vraiment apporter quelque chose à l’entreprise. Mais pour cela, il faut d’abord savoir ce dont l’entreprise a besoin ! Il faut donc pouvoir mettre en avant ses compétences en fonction des enjeux et des problématiques actuelles de l’entreprise. Une veille régulière sur les réseaux sociaux de cette dernière, ainsi que sur Google et sur les journaux spécialisés, devrait vous aider dans cette étape.

Être précis dans sa demande

Pour ne pas avoir l’impression de jeter une bouteille à la mer, il faut éviter de faire précisément cela. Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas d’offre précise à laquelle postuler qu’il faut se montrer vague. Au contraire, il faut mentionner clairement le type de poste que vous convoitez. Si vous ne postulez pour aucun poste en particulier, vous allez donner l’impression de ne pas savoir ce que vous voulez et de postuler au hasard.

Savoir à qui on envoie sa candidature

Une autre étape qui peut prendre un peu de temps mais qui est primordial : vous devez savoir exactement à qui adresser votre candidature. Il peut s’agir directement du responsable RH ou même du manager du service que vous visez. L’essentiel est de savoir à qui vous parlez et de choisir une personne qui pourra véritablement avoir un impact sur votre candidature.

Une autre solution est de faire appel à la cooptation. Vous connaissez une personne qui travaille déjà dans cette entreprise ? Vous pouvez lui donner votre CV directement et l’encourager à parler de vous à ses supérieurs. Votre candidature aura d’autant plus d’impact.

Ne pas hésiter à relancer

Vous n’avez toujours pas reçu de retour suite à votre candidature spontanée ? Votre mission est donc d’obtenir un rendez-vous téléphonique avec la personne concernée pour en discuter. D’ailleurs, le premier objectif de la candidature spontanée est d’obtenir un rendez-vous (formel ou informel). L’idée est de se faire connaître de l’entreprise et de l’équipe et s’assurer que votre candidature ne sera pas oubliée quand ils auront besoin d’une nouvelle recrue ! Il ne faut donc pas avoir peur de relancer et insister pour obtenir un échange et faire vos preuves.

Pour conclure, même si la candidature spontanée est plus difficile à réussir, elle vaut le temps et l’effort investi sur le long terme ! C’est encore le moyen le plus efficace de se faire remarquer par les entreprises qui vous intéressent. Il arrive effectivement que, parfois, elle ne se solde pas immédiatement par un entretien ou une embauche, mais elle permet d’établir un premier contact de qualité et augmente vos chances d’être recontacté en cas de projet de recrutement.

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